Stéphane Calais / 12 octobre – 18 novembre

Le vrai classique du vide parfait ou trois points et un ami

Je refuse beaucoup d’invitations finalement et puis parfois j’accepte, comme ici, invité avec insistance et enthousiasme par la galerie Susse Frères. Galerie cosy hors des zones balisées mais à l’environnement si parisien. Alors j’ai appelé mon ami Julien Carreyn et lui ai demandé de travailler l’ambiance et le display de tout cela avec moi. Il est donc mon commissaire d’exposition ici et je l’en remercie.

Mon idée est de montrer quelques peintures abstraites sur papier, de 2013 à maintenant. Puis quelques peintures de petits formats sur toiles achetées dans les bazars et enfin des dessins de fleurs en vrac dans des vitrines.

Les peintures sur papier de ces dernières années sont comme des pages de calendriers, les feuilles volantes de mon éphéméride. Chaque jour n’est pas indiqué mais je me souviens de chacun des jours ou j’ai peint. Il y a ce que j’ai, les images de mon musée, les gestes que j’ai vus, ceux que j’ai faits. C’est une pensée en action, en forme.

Les petites toiles montrées dans les étagères sont achetées dans des bazars. Châssis et coton du bout du monde qui signifient économie et désir. Désir de peindre, de tout un chacun dont moi. Loisir, hobby qui trouve ici, pour très peu, un support au plaisir. Mais il y a une économie de ça, une mondialisation bien sûr. Notre désir de peindre, de découvrir ce que c’est, peindre. Ce désir de découvrir, de recouvrir la toile, quelqu’un le connait et fabrique ces bouts de toiles et bois. Cerfs-volants improbables du capitalisme global. Et moi je peins aussi dessus. Puis les vends...

Les dessins de fleurs sont une gymnastique, un travail permanent, ce sont mes gammes mais ce sont aussi mes dessins les plus précieux. Ils tentent de capter ce qui ne dure pas bien évidemment mais sur du papier. Cela prolonge un peu le plaisir et rythme surtout un paysage de codes différents, de boucles, de traits, de taches parfois, de hachures, lignes et courbes adorées. Cela crée un squelette superbe qui évolue, grandit et structure toutes mes décisions de peintre. Ma main ne doit plus penser qu’aux couleurs; affranchie du dessin elle y revient dans la masse même de chaque ton.

Et puis il y a le reste. Le temps qu’il fait, les idées, les concepts que l’on ressasse, la peinture et Marie qui passe dans le jardin.

Stéphane Calais, juillet 2017.

 

Sans titre, 2017, acrylique et glycérophtalique sur papier, 100 x 70 cm

 

 


Photoshop Arles, 2016, acrylique et glycérophtalique sur papier, 100 x 70 cm

Les Châteaux russes, 2017, acrylique, pastel, glycéropthalique et gommettes sur papier, 100 x 70 cm

Le siècle, le genre, 2016, acrylique et encre sur papier, 100 x 70 cm

INFORMATIONS PRATIQUES

du 12 octobre au 18 novembre 2017 - du mardi au samedi

56-62 galerie de Montpensier - 75001 PARIS